Anesthésiste de métier, Vincent Lajarige est sculpteur de bois. Dans des musées, des chapelles, des habitations, il recrée des forêts qu’il expose dans le monde.
Pour être artiste il faut d’abord avoir un vrai métier, Vincent Lajarige commence donc la médecine. Lorsqu’il finit ses études, il a plus de 24 ans et il est trop tard pour entrer aux Beaux-arts. Vincent Lajarige suit alors les cours en auditeur libre. Son emploi à temps partiel lui permet, en parallèle de son travail à l’hôpital, de se consacrer à l’art. C’est par la peinture qu’il commence, en souvenir de son premier tube reçu à 13 ans. Et un jour, il regarde le bois entassé au coin de la cheminée, attrape quelques planches et court dans son atelier. L’idée est là : refaire une forêt. Depuis toujours la nature le marquait profondément, il aura fallu ces planches pour trouver la manière de traiter ce sujet.
Créateur de forêts
Aujourd’hui, Vincent Lajarige travaille le bois depuis 10 ans. Il récolte des bois pourris et des bois flottés, qu’il assemble avec des bois d’essence rare pour mettre en valeur l’ensemble. Parfois, il y incruste du lichen, des brindilles ou du verre. Lorsqu’il recrée cette association d’arbres, l’artiste alterne sculpture fine et sculpture plus rustique. Reconstituer des forêts c’est une manière pour Vincent Lajarige de montrer ce bois qui disparaît. Il se sent l’âme militante : se préoccuper des arbres et de l’avenir des forêts, c’est se préoccuper des hommes.
En forêt avec Francis Hallé
La forêt tropicale, le sculpteur la connaît. Plusieurs fois il est parti en Guyane, comme remplaçant pour la Croix Rouge. Puis il entend Francis Hallé parler de l’un de ses livres, il le rencontre et monte avec lui l’association à l’origine du projet de film sur ces univers primaires. Rejoindre Wild-Touch sur le film « C’était la forêt des pluies » est donc une évidence. Pour accompagner le tournage, Vincent Lajarige à la double casquette, celle d’artiste et de médecin. Cette aventure sera aussi l’occasion pour Francis Hallé et Vincent Lajarige d’aller ensemble dans ces forêts tropicales primaires, pour lesquelles ils se battent depuis des années.