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Mark Alsterlind

Mark Alsterlind est américain, il débarque en France en 1980 après des études aux Beaux-Arts de Californie. Attiré par l’art brut, il devient artiste peintre, et navigue entre un atelier parisien et un atelier en Provence.

« - J’ai du mal à définir ce que tu fais.

- Oui, c’est vrai que j’ai fait beaucoup de choses. J’ai vu que vous me qualifiez d’aquarelliste sur le site de Wild-Touch, c’est flatteur, mais je dirais plutôt que je suis peintre, illustrateur, tout simplement.

- Comment est-ce que tu travailles ?

- Il y a un aspect primitif, brut dans ma façon de travailler. Je marche sur mes toiles, parfois je mets les mains dans la peinture et la laisse couler d’en haut, je peins aussi avec mes pieds. Mon travail déborde des supports et des techniques traditionnelles, j’utilise des résines acryliques pour bâtiments, des teintures industrielles, et je fabrique mes pastels et mes propres supports à partir d’objets de récupération »

En effet, aucun tableau carré ou parfaitement rectangle chez Mark Alsterlind, mais des toiles aux bords irréguliers, des colonnes de boites recouvertes de toile, des échelles dont l’espace entre les barreaux est comblé de caissons entoilés,…

Sa pratique est originale, installé dans un atelier sans eau ni électricité, il est amené à sortir ses toiles dans la cour pour profiter plus longtemps de la lumière. Son travail se retrouve alors confronté aux intempéries. Mark doit composer avec les aléas naturels : feuilles, terre brindilles qui viennent s’agglomérer à la peinture ; vent, pluie, gel qui mènent la vie dure aux tableaux. Les premiers temps, il lutte. Tenté de revenir à un tableau plus fini, il achète un balai à brosse dure et nettoie ses toiles. Puis il décide finalement de travailler avec ces altérations, de les incorporer à son travail qui devient une succession de couches de peinture et d’éléments naturels. Mark travaille aujourd’hui sur une expérience nouvelle, « le travail que j’ai en préparation en ce moment c’est de laisser un tableau que je juge fini se désintégrer dans la nature. »

« - Qu’est-ce qui te donne envie de rejoindre Wild-Touch autour du projet sur la forêt des pluies ?

- L’aspect qui me touche dans le travail de Luc, c’est la conservation de la nature. Mon travail va de plus en plus dans cette direction. Et j’aime cette idée d’embarquer des artistes sur un projet, je crois beaucoup en la magie de mélanger tout ce monde. Je sais que les artistes français sont très solitaires. Dans d’autres pays, on croit beaucoup plus à la collaboration, aux échanges et à tout ce que ça peut provoquer. L’esprit français est différent, on avance sans être dérangé. Moi aussi j’ai besoin d’être seul, mais j’ai beaucoup de respect ­­pour ce que génère l’échange avec les autres.

- Et comment tu t’imagines participer à ce projet ?

- Une possibilité qui m’enchanterait serait d’accompagner le réalisateur, l’équipe et les scientifiques en voyage, comme reporter – illustrateur – artiste. Et faire ensuite des dessins de voyage. Le dessin est un média très ancien, qui a peut-être un côté désuet, mais c’est intéressant. »