Prendre de la hauteur
J’ai appelé Vincent Munier pour parler avec lui du projet et comprendre comment il avait envie d’y participer. Vincent Munier est photographe de nature, spécialisé dans les conditions hivernales. Gamin, il enfourchait son vélo, l’appareil photo de son père dans le sac à dos, et partait se balader dans la forêt vosgienne. Il aurait pu en avoir marre du froid, de la neige, de la brume,… mais non, il est parti à de nombreuses reprises dans des pays aux températures extrêmes, photographier les bœufs musqués, le hibou du grand nord ou la chouette lapone. Plus encore que les étendues glaciales, Vincent recherche les lieux sauvages, là où l’homme n’a pas encore posé son empreinte. De quoi donner envie à Luc de lui proposer l’aventure.
La conversation commence drôlement, c’est Vincent qui me demande ce qu’on veut qu’il fasse, le monde à l’envers !
- Bonjour Lorette, j’allais te rappeler pour voir avec toi ce que vous attendiez.
- Justement, c’est comme tu veux ! Luc emmène avec lui des artistes en forêt, ensuite à eux d’exprimer comme ils le souhaitent ce que leur inspirent les forêts tropicales primaires.
- C’est une sorte de carte blanche, en fonction de la sensibilité des artistes ? Je trouve l’idée intéressante, laisser faire l’inspiration personnelle. Si vous aviez proposé des photos de tournage, j’aurai refusé.
- Tu as une idée de ce que tu as envie de faire ?
- Je voudrais faire de l’aérien. Ce qui me parle beaucoup ce sont les vues de hauteur sur toute la canopée, avoir un peu de brume, montrer la magie, mettre en avant le côté mystérieux de cette forêt. C’est ce que je fais dans d’autres forêts primaires, en Sibérie notamment. Tu crois que c’est possible ?
- Le tournage est en train d’être organisé. J’ai vu avec le régisseur, je lui transmets les besoins des artistes et il les prend en compte autant que possible dans la logistique. Des prises de vues aériennes sont prévues pour le film, je vais me renseigner pour savoir s’il est possible que tu en profites.
- Bénéficier de la logistique du tournage, sans gêner l’équipe évidemment, ça permettrait d’avoir un angle original. Parce que j’ai passé un peu de temps dans la forêt au Congo, c’est difficile au sol d’avoir de belles images, il y a beaucoup de sons mais visuellement c’est très dur, et ça ne me parle pas beaucoup. Dès qu’on a de la perspective, les plans sont très différents, on a une autre envergure. Et est-ce qu’il est prévu de faire quelque chose pour l’animalier ?
- Le lieu exact du tournage de mai/juin n’est pas encore fixé, les repérages ont lieu début mars pour préciser ce point. Mais ça sera au Gabon, il y a beaucoup d’animaux dans les parcs nationaux donc ça devrait être possible qu’un guide t’accompagne pour trouver ce dont tu as besoin. Je note et fais suivre au régisseur.
- Tu me préviendras pour les lieux que je regarde. Je travaille souvent pour intégrer l’animal dans son environnement. Tu vois un gorille sur fond de forêt, avec un peu de recul et d’espace, ça serait bien !
- Pour les repérages de décembre, ils ont pu filmer des éléphants au Baï de Langoué, le lieu correspond assez à ce que tu recherches.
- D’accord je vais me renseigner et je te tiens au courant pour mes disponibilités.
- Merci, à bientôt !
LF