La forêt du Gabon (II) FH
Dans le sous-bois de la forêt primaire, à la latitude de l’Equateur, les Européens sont environnés d’une multitude d’arbres qui, à première vue, ne leur évoquent rien. Pourtant beaucoup de ces arbres gabonais sont les proches cousins de nos petites herbes d’Europe, millepertuis, verveine, garance, aigremoine, pimprenelle, euphorbes ou tulipes. Même le lin a ici un cousin, Hugonia, une forte liane à crochets. Nous sommes parmi les ancêtres de la flore d’Europe.
Mais la réalité est plus large : il y a ici beaucoup d’arbres propres aux tropiques, sans aucune parenté avec les nôtres. C’est le cas de la famille du Moabi, les Sapotaceae (Arganier, Karité, Chicle ou chewing-gum) : aucune de ces plantes ne s’est aventurée vers les hautes latitudes où les hivers sont froids. Je peux les comprendre.
Notre séjour au Gabon touche à sa fin et je ne voudrais pas qu’il s’achève sans avoir rendu hommage à la grande forêt d’Afrique, vivante, sonore et odorante, riche de ses arbres émergents, pleine des traces de ses gros animaux. Ne l’oublions pas, les ancêtres de l’être humain, les premiers Primates appartenant au genre Homo, ont pris naissance dans la forêt d’Afrique, il y a 20 millions d’années.
Merci aux grands arbres des forêts de l’Ivindo, beaux, dignes, totalement autonomes, silencieux et discrets, mais tellement utiles que l’être humain, selon toute vraisemblance, serait incapable de vivre sans eux.
